Nouvelle – Zélande , l’ile du Nord

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Arrivée de nuit à Wellington c’est tranquille, presque pas un chat, on atteint le quartier  de Newtown, dernières effervescences d’un dimanche festif, le reste des gens dorment, demain c’est lundi ils travaillent.

Accueilli par Eric et Charlotte, un adorable couple de cyclo français qui ont emprunté la même route de la Soie et se sont arrêtés depuis 2  ans en NZ. On se remémore des bouts de voyage, partage nos anecdotes et on ne s’imagine pas bien redevenir sédentaire !

On visite le musée national de Te Papa, racontant l’histoire des Maoris, la rencontre avec les Européens, la 1 ère guerre mondiale, l’histoire des  immigrés qui font  la diversité de la population …. On se balade dans les quartiers aux mélanges de cultures, sa semble agréable comme ville près  de la mer, pour une capitale c’est très calme !

On décide de faire du volontariat pour un festival au nord d’Auckland à la fin du mois de Mars et on à rdv pour rencontrer des marins encore plus au Nord, la saison pour quitter le pays en voilier  se situe entre Mai et Juin.  Il faut alors se dépêcher, chose qui nous plait pas trop…Une fois que l’on a une date ça change complètement le rythme à vélo et pendant 3 semaines on pédale autour de 90 -100kms par jour !

On sera accueilli par de nombreux Warmshowers , on ressent une certaine nostalgie auprès des couples qui sont dans la trentaine et qui après  leur grand voyage se sont posés avec une maison, un travail et un bébé. Ils semblent nous envier une liberté qu’ils ont perdu dans un quotidien, des engagements et responsabilités, choisir c’est renoncer !

L’atmosphère dans l’ile du Nord est vraiment différente, aussi puisque notre itinéraire nous éloigne des spots touristiques, on ne croise plus de camping-car, van et toutes les compagnies de locations !

C’est plus un espace où les gens vivent et donc on se sent moins étouffé par les pancartes d’interdictions de camper ou les panneaux qui annoncent le point de vue, sortez vos caméras!

Ce qui ne veut pas forcément dire que l’on trouve facilement un endroit pour camper… On demandera parfois l’hospitalité a des locaux, souvent des fermiers qui nous offrent un lit pour la nuit lorsque la pluie s’abat ou après  une journée épuisante, une douche chaude est bénit.

chez des kiwis

Et oui pas  de camping du DOC ( Department of Conservation) qui gère les campings (souvent payant) tous les 20 kms comme dans l’ile du sud, cela nous permet de rencontrer plus de gens et mieux comprendre la vie des Kiwis ! On trouvera aussi des free camps avec herbe moelleuse, douches et toilettes … ça vaut le coup de prendre des pistes poussiéreuses !

L’île du Nord est moins montagneuse mais jamais plate non plus, les cotes sont plus raides et ça ne cesse jamais de monter / descendre!

ancienne voie de chemin de fer

On dessine notre chemin en empruntant au maximum les petites routes et pistes cyclables ( souvent des anciennes voies de chemin de fer ). C’est comme ça que l’on se retrouve sur les pistes de l’intérieur du pays en terre Maoris, des forêts denses, cascades, lacs et nos amis les sand flies (mouche de sable omniprésente, qui pique et gratte). On croise peu de gens, quelques chasseurs et quelques visiteurs,  et des chevaux sauvages…  

amis des hommes

sur les pistes en terre maoris

Lorsque le parc naturel se termine le contraste est fort, retour du béton , exploitation forestière a perte de vue, le décor est triste. Le premier village depuis plusieurs jours où l’on peut se ravitailler et où règne une ambiance fantôme, la population est principalement maoris, beaucoup de petites églises, des magasins à l’abandon, seul le supermarché est ouvert, devant des gens l’air égaré … On préfèrera continuer pour trouver un endroit où dormir, on finira au bord de route planqué sur un chemin forestier avec le bruit des arbres qui tombent…  

Exploitation forestiere

Souffrant de tendinite au genou depuis la saison de cerises , les longues journées finissent en fortes douleurs , puis c’est les tendons de mon talon qui s’enflamment,  je ne peux plus plier le pied, quand pédaler devient un supplice ! 

Passage express  a Rotorua, ville thermale super touristique, triste de voir les maoris dans la rue pendant que d’autres vendent leur culture dans des parcs d’attraction… On quitte la ville dans la foulée, ça grimpe, la route est étroite, les picks-up roulent à fond en nous frôlant, mon pied en feu, et pas d’accès pour camper… on frappe a une porte et Cathy, une maori nous accueil et me donne une crème à base de plante pour me soigner .

Les maoris ont des connaissances ancestrales de la nature qui sont leur force et leur sagesse, malheureusement  le monde moderne les a rattrapé et beaucoup de leurs traditions s’oublient !

On continue sur la route des thermes jusqu’à retrouver la mer, plutôt marécageuse, halte de nombreux oiseaux migrateurs, mais le vent et les averses nous invitent peu à nous baigner …

Auckland, la plus grande ville du pays, ce qui n’est pas comparable aux villes Européennes et Asiatiques, tout est nouveau et les banlieues sont plus des maisons avec jardins. Les résidences se construisent a vu d’œil,  reliées au centre urbain par ferry …Beaucoup de chinois, asiatiques s’installent pour faire du buisness, ( le permis de résidence leur étant facilement accordé, il parait que le commerce avec l’Asie ça rapporte !) en vrai on retrouve toutes les nationalités dans cette ville !

Plutot musclé!

Auckland , bienvenue

Kawa Purapura, « l’instant présent » est un lieu de ressourcement, d’épanouissement de bien-être, de soin, par le yoga, la dance, la musique , la méditation, les médecines douces et les traditions Maoris de guérison ! De nombreux volontaires sont accueillis pour entretenir  l’espace, des résidents vivent aussi à l ‘année et de nombreux évènements sont organisés chaque semaine !

Festival  » Voices of sacred Earth »

On se sent comme dans une bulle, drôle  de transition avec la ville et les efforts du vélo ! Tout se relâche et on sera guidé  par des voix maoris, des rituels pour la paix, la terre, l’union .

Chacun des êtres présent offre ses potentiels et son amour,  à travers des ateliers, des concerts qui nous permettent de voyager à l’intérieur,  ressentir ses origines, se reconnecter a la terre et se relier comme une grande famille   !

plein d’énergie, quand le soleil reapparait!

concert en Maoris

On sera une bonne équipe de volontaires et nous à la cuisine pour nourrir environ 600 personnes, superbe atmosphère. La chef  cuistot  jeune et rayonnante,  concocte des plats vegan et gluten free délicieux .

en cuisine

En quittant le lieu on est a 2 jours de Whangarei, le port où se retrouve de nombreux marins pour réparer leur navire et se ravitaillé. Lieu idéal  pour notre point d’ancrage avant la traversée en mer…

C’est parti pour les derniers kms à vélo dans le pays , on supporte mieux les « up and down », ( quand on est proche de la fin), on est sur la péninsule du Nord de l’ile du Nord et on passe facilement de la cote Est à la cote Ouest, en arpentant quelques collines. C’est charmant !

Quand on emprunte une route sans issue…

On pédale jusqu’à ce que l’on n’ait plus le choix que d’emprunter la route nationale bondée de trafic et surtout de camions de bois. Par chance on trouve refuge dans un verger de Feijoas pour la nuit, des fruits découvert en NZ, un régal, les propriétaires à la retraite nous propose de nous amener à Whangarei, on accepte soulagés d’éviter le trafic d’un week-end de Pâques !

Whangarei on y est!

Accueilli chez Paul et Carole et leurs deux filles ados,  ce sera le lieu parfait pour une halte de quelques semaines, on ne sait pas encore en combien de temps on trouvera un voilier…

repas de famille

Paul et Carole ont voyagé en voilier depuis la Grèce jusqu’en Nouvelle -Zélande dans les années  80, où ils se sont installés. Ils utilisent le Wwoofing pour accueillir des jeunes. Paul a décidé d’arrêter de travailler préférant consacrer son temps à la communauté, il est ainsi très impliqué a la petite église à quelques pas de leur maison.

Soirée pizza au jardin

Avec les voisins, amis, famille de cœur ils ont lancé un  jardin nourricier, ‘’food forest’’ il l’appel, autour de ce lieu qui rassemble, de nombreux arbres fruitiers ainsi qu’un grand espace potager!

On recevra un superbe accueil Maoris dans ce jardin avec des chants, des prières, un sacré moment de connexion avec ce peuple qui rend grâce à ses ancêtres , à l’eau, la terre, le ciel pour chaque respiration et pour tout ce que la vie offre ! 

Saluer l’autre en Maoris c’est le reconnaitre comme âme sœur et pour cela on se colle le front-le nez et on inspire au même instant, un échange de souffle!

Chaque vendredi soir, c’est soirée pizza dans le four à bois, chacun ramène de quoi garnir et s’abreuver, c’est super conviviale !

 

Dylan sera ravis d’aider à construire une tiny house dans le jardin de la famille en bois de récup’ et accompagner Paul et les voisins a la pêche ! Je serais plutôt au jardin et à la cuisine , faire des confitures de rhubarbe, guava !

Tiny house en bois de récup’!

virée nocturne avec Paul, sa mord!

Ca sera aussi l’occasion de reprendre une activité qui nous tient à cœur : La recup’ ! On repère un New World (supermarché) pas loin de chez Paul, et tous les soirs vers 20h30, à l’heure de la fermeture, on enfourche le Cargo-Bike, et on plonge dans les bennes à l’assaut du butin ! Et tous les soirs c’est jackpot ! C’est triste de voir tant de gâchis, mais on se félicite de nos trouvailles ! Yaourt, gâteau, pain, confiserie, hummus, sirop, œufs, croquette  pour lapin, farine, shampoing, conserves, … la rasia ! Le top revient aux œufs, certain soir on en collectera plus de 600 !! Toute cette nourriture on la partagera aux soirées pizza, avec la communauté du village, avec les marins, ou encore avec l’ami Maxime, le copain Breton du quartier avec l’on passera de chouette soirées autour d’une ‘tite binouz ou 2, « yerc’hed mad » !

Cargo bike ,la récup!

On assistera même à la messe le dimanche de Pâques, plutôt par curiosité et pour s’intégrer  à la vie locale que par conversion au christianisme!

Grace à Paul et Carole on rencontre des gens fabuleux, inspirant ,les artistes kiwis ,les révoltés et originaux qui construisent de leur main et vivent dans des cabanes  et maison en rondins ! On ira aussi au marché tous à vélo ou on croisera de nombreux marins  et forcement quelque Bretons !

la maison en rondins

Puis on en profitera pour faire des tournés des ports et chantiers navals du coin, ça foisonne de bateaux, on est juste au début de la saison donc les marins poncent ,polissent dur pour être prêt avant de traverser vers l’Australie, les iles du Pacifique, .. ( ça change des chantiers en Indonésie où les marins payaient la main d’œuvre et se la coule douce). On rencontre des familles, des couples, des solitaires, pleins de pistes pour embarquer…

marina de Whangarei

On tombe sur une annonce écrite à la main , « recherche d’équipier francophone »! Du coup on rend visite au catamaran Equinoxe et on rencontre Jean-Jacques et Muriel, la soixantaine ils ne parlent pas anglais et donc difficile de rester vivre en NZ….ils souhaite retourner en Polynésie française, Tahiti, on l’avait pas imaginé, c’est excitant ! Le courant passe bien, ils souhaitent partir bientôt, on est les seuls français a s’être présenté.

essai avant départ sur Equinoxe!

On prépare le bateau, on se prépare à quitter la Nouvelle-Zélande et les amis rencontrés depuis 3 semaines autour de Whangarei, on se dit tant pis pour le reste de l’ile inexploré, on va vers une autre aventure ! ( Aprés avoir éviter la saison des pluies en Asie , on evite l’hiver en NZ)

Jean rejoint l’équipage, un marin aguerris vivant sur son bateau avec sa femme depuis de nombreuses années, passionnés d’histoire et aimant les raconter on ne risque pas de s’ennuyer !

Jean Jacques le capitaine qui n’est pas très en forme depuis plusieurs semaines, douleurs, fatigue, on envisage de faire demi-tour si son état s’aggrave ! C’est une grande traversé de 3 semaines a 1 mois sans voir la terre, cap Nord Est, on sera guidé par Bob, le routeur du Pacifique, un gars qui nous envoie la route à suivre au plus sure en évitant les cyclones et en suivant le vent  !

Un dernier au revoir à Paul et Carole qui nous offre une Punamu, jade de Nouvelle –Zélande que l’on portera pour nous protéger dans cette traversée.

Le 18 avril on lève l’ancre, le bateau plein de vins et de nourriture prêt à naviguer dans l’Océan Pacifique !

 

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Une réponse "

  1. Bravo ! Nous avons aussi beaucoup aimé la Nouvelle Zélande et terminé à Whangarei pour prendre un catamaran jusqu’en Nouvelle Calédonie. Sauf que notre trajet maritime ne s’est pas très bien passé, on était bien contents de remonter sur nos vélos à l’arrivée 😉
    Bons vents !

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