Malaisie: velo

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La Malaisie par les terres , entre jungle et béton

Avant de commencer, petit rappel historique de la Malaisie : Hindouiste avant le XVè, les colons Europeéns se succèdent (Portugais, Hollandais et Anglais). Leur voisin de Java (ile indonésienne), musulmane, les aident pour repousser les conquérants, et propage l’islam en Malaisie. La côte Malaise est très prisée pour le commerce maritime international. Au XVIè beaucoup de Chinois et Indiens se sont installés dans ce pays pour échanger leurs produits. Epices, or, lin, soie, pierres, …

Aujourd’hui, la population est d’environs 60% musulmane, et 30% bouddhiste, hindouiste, chrétienne. Il y a une différence entre les « Malais » et les « Malaisiens ».  Les Malais sont les premiers habitants de la Malaisie il y a plus de 40 000 ans, environs 50 % de la population actuelle. Les Malaisiens c’est le nom des habitants de la Malaisie qui englobe Malais, Chinois, Indiens,…

On pénètre dans ce pays par un échauffement qui nous ouvre l’appétit sur les montées malaises, du 10 % au minimum ! Eh oui nous revoilà en terre musulmane, les femmes voilés à la maison, elles aiment recevoir et partager leurs talents de cuisinière. Les femmes une fois mariées se retrouvent vite maman et femme au foyer, elles ont souvent des formes généreuses sous leurs amples vêtements !  

Nous voilà au bord de l’océan Indien où la pluie fait rage, l’atmosphère est  lourde, électrique , la vase , les déchets au pied des maisons, peu d’abris , en manque de repère pour nous rassurer !

Puis on passe une nuit sur une île de pêcheur accessible par un long pont, les singes nous surprennent par leur habileté à repérer et choper la nourriture !

Sur la route, on goute aux saveurs métissés d’influence indienne et chinoise, des beignets fourrées et desserts au riz nous renflouent en carburant. On partage un « the O » (thé sucré sans lait) avec les locaux (Malais)  qui nous disent vivre paisiblement dans leur village , « ils laissent les grosses villes aux chinois ».

Un ancien nous demande pourquoi nous ne parlons pas sa langue tandis que lui parle anglais, (on tente de lui expliquer que l’on nous impose aussi l’anglais) rancœur d’invasions passées qui ont marquer à jamais le pays. L’anglais est parlé couramment et même dans les campagnes tous sont capables d’échanger quelques mots.

Il  nous rappelle que de part notre passeport tout est facile pour nous, on  ce sent vraiment privilégié à voyager dans tant de pays librement. Quand même admiratif de notre périple et nous invite à visiter la côte est de la Malaisie, « belle et préservée ».

Les Malais semblent avoir un rythme tranquille, pas de stress, les pauses sont nombreuses, l’efficacité douteuse… On apprendra plus tard que contrairement aux chinois et indiens, les Malais perçoivent un salaire fixe du gouvernement (comme un revenu universelle)  et peuvent s’en satisfaire, tandis que pour les autres des discriminations existent, selon l’origine ethnique et la religion. Malgré cela, la Malaisie est un pays d’accueil pour de nombreux musulmans parfois en péril dans leur pays, comme une ethnie birmane musulmane persécuté par le gouvernement bouddhiste. On rencontrera de nombreux jeunes ayant tout quitter pour venir travailler en Malaisie (souvent dans le bâtiment) gagner de l’argent et l’envoyer à leur famille. C’est aussi une destination touristique pour les Saoudiens qui sont acceptés, les femmes étant en Burqa. 

Puis  c‘est la grosse ville, on aperçoit l’île de Penang , enfin surtout des tours en béton a perte de vue, on est surpris du développement urbain de ce pays, la modernité a envahit l’espace. Parmi toutes ces nouveautés, ces zones commerciales et son traffic, les temples survivent, vestiges des croyances et traditions.

Dans le ferry qui mène sur l’ile (il existe aussi deux ponts, dont un de 20 Km, interdit aux vélos), on observe curieux et ravis cette diversité de couleurs, de langues, d’origines, rattrapés par le mode de vie citadine.

Georges Town , ville à la chinoise, aux banlieues tristes et au nouveaux projets destructeurs des jungles et espaces naturels !

C’est a Titi Teras, de l’autre côté de l’île que l’on séjournera ,accueillies dans une auberge de cyclistes avec Warmshower. On rencontrera Adrian et Teo ainsi que d’autres voyageurs de passage , chouette halte. On en profite pour faire un visa indonésien de 2 mois renouvelable 2 fois, puisque l’on imagine rester a Bali attendre un bateau…

On reprend la route cap vers Melaka , on traverse donc une partie du pays entre l’ouest et le centre.

Ouf on quitte deux  jour de grosses routes, villes, temps gris, pluie et usines et carrières de béton et marbre , … destruction massive ! On emprunte la route des Cameron Highlands , des montagnes  foisonnantes de vie aux rivières rafraichissantes sur le bord de la route, les quelques villageois vendent miels, plantes et racines. En arrivant à ce lieux très connu on est surpris d’y trouver des serres à perte de vue, des boutiques souvenirs, un parc d’attraction agricole, et puis des hôtels, resorts, et restaurants, un espace touristique dans les montagnes. On y pousse toutes sortes de fruits, légumes, les fraises ont du succès,…et les fameuses plantations de thé. Le long des routes on est rassuré de voir les pancartes publicitaires pour les pesticides et graines OGM…

On continue a avancer en descendant la rivière sur des kms. Jusqu’en haut des collines, des serres et quelques villages submergés de plastiques … On dormira au bord d’un lac avant un gros barrage, l’eau servant surement à alimenter les hectares de cultures, celle rejetée s’écoule en boue marron insalubre… Autour du barrage en construction les locaux embauchés ont était installés dans des villages artificiels aux maisons clonées/bétonnées : un progrès ! Ce serait se voilé nos ressentis puisque oui avant l’eau de la rivière était potable, ils savaient cultiver et trouver  leur nourriture, maintenant ces gens sont esclaves de compagnie pour qui ils doivent travailler pour acheter une télé, un téléphone et du coca-cola… En vrai il n’y a pas d’âme dans ces villages,  un ennui pesant…

Puis on pédale au centre du pays orienté par l’envie de rencontrer une famille dans un petit village qui nous accueille via Warmshower.

Un désastre sous nos yeux, après les jungles réduites en pièces et en fumée, des plantations d’huile de palme et de caoutchouc…  On ne se reconnait pas dans cette espèce humaine dévastatrice à l’âme vendue à la conscience achetée…

Des havres de biodiversité réduits à un chaos organisé, calculé, limité, l’exploitation d’arbres qui nous permettent de respirer ! Sur les routes, on voit défiler de vieux arbres sages dans des poids lourds qui crachent noirs ! Tout est asphyxie, les victimes de cette machinerie, écrasées sur les routes, singes, écureuils, serpents,…  Quelle place leur laisse t-on ? Des Parcs naturels pour ramener du touriste tandis que tout autour on scie, brule, déracine,…les oiseaux ont des chants d’alarmes ! Et c’est d’autant plus triste car les forets Malaises sont les plus vieilles du monde, plus de 13000 ans, elles ont pas subie la dernière glaciation.

Kampung (village) Chenor, dans cette famille traditionnelle malaise ils ont cinq enfants, la moyenne ici. Le dernier est bébé le premier à l’université,… On apprend beaucoup de Tenkgu notre hôte, musulman et très impliqué dans la vie locale, il connait l’histoire du village et a des préceptes très fort tout en restant ouvert à la différence. Ayant vécu en ville, il a choisit de retourner au village pour élever ces enfants pour qu’ils se rendent compte du confort et se motivent à apprendre à l’école s’ils veulent un jour vivre en ville ! Le soir les jeunes se retrouvent pour se connecter à la Wifi, boire un thé au lait et chanter des « I love you ». Les mômes sont scotchés au téléphone, mange des sucreries et surprotéger on les emmène en voiture à l’école, alors ils grossissent. (ce phénomène est surtout visible en ville)

Ils tiennent un petit restaurant juste réouvert grâce à l’aide d’un autre couple de cyclos que l’on a croisé quelque jour auparavant, en effet étant tout proche d’une grosse rivière, la dernière crue ne les a pas épargné… 3 ème inondation en 10 ans, l’eau est montée jusqu’au 1ère étage. Et comme les compagnies d’assurances ont toutes leur subtilités, en Malaisie elles ne couvrent pas les dommages sur les maisons en bois… Habile, car plus de la moitié des maisons sont en bois !

On cuisine tartes et pains au chocolat, nos plats fétiches lorsque l’on veut partager la cuisine de chez nous. De chouettes moments avec cette famille, après les orages on reprend la route.

A ce moment là, le matériel commence à nous lâcher : la tente craque, la jante à Dylan perd des rayons, et finalement mon pédalier vrille complètement, c’est en stop que l’on arrivera à Melaka.

On est accueillis dans une auberge le Ringo’s foyer, par chance encore un amis des cyclos !

La suite est vraiment incertaine d’autant que l’on apprend qu’il n’y a pas de marina/port dans cette ville, pas le bon endroit pour trouver un voilier !

La ville a son charme avec une histoire mouvementé avec l’enchainement d’invasions par la mer, de religions, de dominations,…Dans les vestiges d’une chapelle, église, phare puis tour de guet, on tourne maintenant des pubs, vend des bijoux, en plastique, pendant qu’un homme fait vibrer ses cordes « too young to get married » , on est spectateur du présent.

Melaka c’est aussi une ambiance nocturne où la plupart des Malais mais aussi chinois viennent passé des week-ends ou des vacances.  Un marché nocturne où des chinois s’offrent en spectacle musique et danses modernes, tandis que résonnent les tambours du temple le plus proche. On apprécie les biscuits cuit au four dans la rue aux oignons confits ou confiture …  Les rives de la rivière où des peintures sur les murs attirent le regard, petit restaurant et bar reggae (dans ces villes a l’ambiance chinoise on trouve facilement de l’alcool, les restrictions restent fortes, la corruption aussi). On goûte la bière à l’ananas chez un corse et on se régal chez l’indien du coin.

On arrive au bout de la terre, l’océan s’offre à nous… Après des réflexions, incertitudes, doutes, sur la destination suivante :  vers le Sud Singapore, arriver en ferry en Indonésie et rejoindre Bali par les terres…???  Finalement Dylan me convainc, on remonte tout au nord de la Malaisie jusqu’à Langkawi où on sait que de nombreux voiliers y jettent l’ancre.

On fait une escale à Port Dickson où la synchronisation divine nous fait rencontrer Claude qui navigue depuis 18 ans avec sa femme Danielle , couple retraité franco-Suisse , aventureux, pleins de vécu , ils nous invitent sur leur bateau. La marina est de luxe, piscine (nécessité d’être habillée pour les femmes), gardien, bar chic, … (ils enfouissent les déchets dans une fosse derrière le grillage) c’est un autre monde que les cyclos-campeurs. Cette rencontre déclenche en nous enthousiasme et excitation de voyager en mer ! Un rallye part de Langkawi le 4 avril du coup on est le 22 mars , on décide alors de tracer pour tenter d’embarquer sur un voilier.

On pédale,  tente le stop et finalement on prend train et bus de nuit pour Kuala Lipis, mal de gorge avec la clim à 20 degrés alors que dehors il fait au moins 35° ! Deux jours après nous voila dans le ferry bondés en cette période de vacances , dans l’horizon apparait Langkawi !

On fait le vœu très fort de quitter l’ile en voilier !

Titi Teras village House

ce gardien de vaches fier de sa monture , le vélo c’est moins rigolot

Temple hindouiste

Usines de béton

Cameron Highlands

après les serres…

Barrage

Il carbure même pas à l’huile de palme

vision

jeux d’enfants?

resto-cyclo

Melaka by night

Danielle et Claude

rails Kuala Lampur

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