Kirghizistan

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Kirghizistan, le temps de se recharger

La frontière entre le Tadjikistan et le Kirghizistan est hallucinante dans une vallée glacière, un no man’s land de 20kms, des  décors inoubliables. La frontière Kirghiz sera surement l’une des plus faciles à traverser à vélo, un tampon et c’est parti !

On descend en slalomant la rivière qui prend sa source dans les sommets blancs, l’air s’adoucit  progressivement, puis une plaine immense parsemée de yourtes, troupeaux de chevaux et chèvres s’étend devant nous !

On revit, tout est magnifique, les couleurs, les enfants ont la peau tannée par le soleil, le vent ondulant dans les champs et derrière nous, la grande chaine de montagnes dont le pic Lénine qui culmine à 7100 M !

Dès le premier village Sari Tash on utilise nos premiers  billets échangés un peu plus tôt avec des Français. Cette ville est l’intersection entre la Chine, le Kirghizstan et le Tadjikistan, où l’on croise d’autres cyclos et des auto-stoppeurs Israéliens, qui attendent depuis 6heures ! Assez décourageant le stop pour allez dans les Pamirs !

La frontière chinoise est juste à 70kms, et il nous reste 15 jours avant la date limite d’entrée en Chine, mais on a envie de voir un peu plus du pays…

Sous le charme des paysages, de la juste place des hommes qui laisse leurs empreintes sans détruire ce qui est là. Les nomades habitent la terre sans chercher à la posséder, j’aime voir fumer leurs campements, gambader les chevaux et les enfants…

Les premières impressions de la vie locale se font dans les petits markets du bord de route. Les enfants sont à la caisse, et le plus de choix se trouve dans les bouteilles d’alcool,  le reste c’est des produits industriels, gâteaux, pates et riz,… Les pochtrons de village viennent boire leurs verres, c’est la coutume.

Nous on recherche des produits de fermes, des jardins. Difficile à trouver, ils les vendent dans les villes, dans les petits villages ils échangent entre eux et ont souvent l’essentiel, un potager, des poules, quelques vaches !

On passe un col à 3500m, tellement agréable, la route est nickel sa roule « tout seul », sa change … puis on redescend en altitude tranquillement, un vent de face nous épuise et limite notre avancée.

En cherchant un endroit paisible pour camper on est invité de loin par un couple  qui vit dans une charmante petite maison entourée d’un jardin et d’arbres fruitiers. Bienvenue chez GulaÏ ( fleur de lune en Kirghiz) et Toko.

On ne sait pas encore en allant jusqu’à eux que l’on va vivre une belle histoire dans ce lieu au-dessus de la rivière au pied de la montagne…

Adopté par ces anciens qui nous accueillent comme s’ils nous attendaient ! On s’imprègne de leur vie, puiser l’eau à la rivière, faire le feu pour chauffer l’eau et se laver, cuisiner de fabuleux repas, aller trouver les vaches dans les environs …

Découvrir leurs subtilités et particularités, Toko était le premier professeur d’anglais du village on échange beaucoup et tel un vieux sage autour de tasses de chaï, il nous raconte les temps anciens jusqu’à aujourd’hui, des caravanes de la route de la Soie à l’invasion Russe , l’influence de l’URSS puis l’éclatement et la création du pays, la modernisation du monde qui transforme les relations humaines et l’environnement.

GulaÏ est hyper active,  ne s’arrête jamais en une journée elle cuisine pour 15 personnes fait une vingtaine de pain, et s‘agite jusqu’à la nuit tombé !

La vie est rude en hiver surtout sans eau courante et a 20mn de marche du centre du village. On comprend pourquoi les familles sont nombreuses, les enfants aident et soulagent les anciens, on joue ce rôle tant que l’on est avec eux !

C’est un havre de paix mieux  qu’on aurait rêvé, on s’occupe du jardin, du bois, on apprend la cuisine locale, beignets, ravioles, on admire les fleurs s’ouvrir, bercé par le ruisseau qui coule, et réveillé par les drôles de rapaces  …

On rencontre la famille qui vit pour la plupart au village d’autres dans les villes autours et le reste à Bichkek la capitale. C’est avec eux qu’on fêtera les 24 ans de Dylan, par une gigantesque repas, suivit de plusieurs autres repas tout au long de notre passage ! Et oui, ici les invités doivent faire le tour de la famille, l’accueil Kirghiz, comme partout en Asie Centrale (Petit précision, Toko a 17 frères et sœurs, et Gulaï 7 …).

C’est un plaisir d’aller explorer les montagnes avec leur nièce, on échange sur l’évolution de la vie ici, les maisons en terre crue laisse place au béton, les jeunes veulent allez à la capitale apprendre l’anglais pour leur avenir, les gens sont de moins en moins autonomes donc cherchent à travailler… Ils souhaitent s’ouvrir au monde et comme la technologie arrive de Chine ils ont soif de posséder !

Les lacs sont magnifiques, ce pays semble un parfait équilibre de terre fertile et de climat agréable pour vivre. Une ancienne nous invitent à gouter ses fromages, yaourt et crèmes pure des montagnes, elle est fier de nous montrer aussi comment elle fait son pain cuit au feu de bois, un délice !

En 15 jours,  ont est déjà connu dans le village, et quand il est temps de repartir, les larmes coulent.

On quitte nos grands-parents du Kirghizstan avec qui on s’est lié, dans notre cœur jamais on n’oubliera cette petite maison bleue, les fleurs aux couleurs du soleil et le ruisseau qui coule pour arroser le jardin.

On est infiniment reconnaissant de ce qu’ils nous on apporté, la vie de famille, les bouillies de bébé au petit-déjeuner, la chaleur d’un toit, une nature merveilleuse, un pays qui nous laissera de superbes souvenirs et l’envie d’y retourner !

Y a pas d'âge pour la bicyclette la traite sa réchauffe le matin la maison bleue lac turquoise la grand-mère les montagnes ocres la famille kirghiz Toko et Gulai vallée glacière et yaks en vue première civilisation col tranquil

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Une réponse "

  1. tout simplement magnifique, on imagine très bien votre émotion au moments des adieux, que de générosité c’est beau le don de donner, de recevoir, de s’émouvoir, si seulement la majorité des hommes ne se laissaient pas corrompre par cette société de consommation, l’équilibre serait maintenu et les campagnes resteraient aussi vivantes que celles que vous avez admiré. Continuez de nous émouvoir, j’adore : Irène

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