Tadjikistan

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Là-haut au Tadjikistan

C’est donc avec Alix et Yann que l’on atteint en deux jours la capitale, Dushanbe. Au premier abord la circulation est bonne, c’est calme,  agréable, assez contrastée entre effet de grandeur, drapeau gigantesque , monuments et bazars ! On dégotte un nouvel appareil photo dont vous pouvez voir le rendu, pour le reste (matos de vélo et de montagne)  impossible à trouver de qualité (made in China, c’est local!)

Au Green House Hostel, repère de voyageurs, cyclos pour la plupart, chacun reprend de l’énergie et la cuisine collective révèle les besoins et pulsions après ou avant l’effort !  En quittant Dushanbe avec Alix  on craint un peu la suite sur la M41…

Autour de nous des grandes vallées entourées de montagnes, démontrent  la force  de l’eau qui a  dessiné ces espaces ! Doucement on remonte la rivière et on prend de l’altitude… Pour l’instant la route est nickel on est averti que ça ne va pas durer, les cyclos que l’on croise dans l’autre sens nous assurent du pire à venir !

Le décor est hallucinant, autant on endure la route caillouteuse et poussiéreuse  autant on apprécie de s’arrêter et admirer. Le moment du bivouac est sacré,  au-dessus de la rivière perchés on savoure d’être là,  de ressentir  les mouvements, les sons des animaux,  observer les bergers en âne ou  à cheval…

On est semé par la plupart des cyclos qui voyagent pour quelques semaines et sont ultra-light, nous on est chargé,  et 50/60 kms par jour suffisent à nous achever sur ces routes ! Juste deux parisiens reste derrière nous, inconscient de ce qui les attendent, l’un avec un vélo de ville décathlon ne fera pas 1km sans crever…

Pour se ravitailler, l’eau est abondante  et pour les amateurs de nouilles lyophilisées et de bonbons  ça remplis les mini market. Pour les légumes, fruits et pain frais les enfants vendent sur le bord de la route, parfois on trouve dans les restos!

Premier col à 3200m, il monte en serpentant on en voit pas la queue, au sommet des militaires déminent la zone… puis c’est une descente vertigineuse à ras de falaise dans les gros cailloux, des campements estivales de tentes parsemés, incroyable. L’attention est entièrement rivée sur la conduite du vélo, les freins, l’esquive des trous et grosses pierres ! Un jeu à risque ! Epatant la résistance du vélo, aucune casse, quelques frayeurs ! La rivière descend en cascade, oxygénée on se baigne et se rafraichit avant d’atteindre le grand village du coin, Qal’ai-khumb.

Une tempête déferle le soir, entouré d’enfants d’un village, on se réfugie sous la tente. Le lendemain on croise notre ami basque de l’auberge et on réalise que de l’autre côté de la rivière Panj c’est l’Afghanistan ! Un pays qui ne cessera de nous intriguer et nous fasciner  tant que l’on longera sa frontière. Les paysans, bergers,  les villages en terre, les motos qui empruntent les routes inachevées, les chants qui nous parviennent, les chemins tracés dans les montagnes…

On s’égare une fois en remontant une autre rivière , les gardes militaires rigolent bien de nous voir revenir, ils sont souvent très sympa et prennent Auriane pour une Tadjik!

On arrive dans une plaine marécageuse où les paysans irriguent leur champs et laissent pâturer les animaux.  Le soir l’orage gronde souvent sur les hauts sommets autours de nous et la pluie l’accompagne.

On est invités au thé et à dormir plusieurs fois par des jeunes filles qui apprennent l’anglais à Douchanbe et souhaitent voyager et s’ouvrir sur le monde….

On se pose la question de notre impact en arrivant dans ces villages où il y a quelques années les caravanes de chevaux et chameaux circulaient! Les voila projetés avec des 4X4, des motos, des cyclos, qui viennent d’Europe pour la plupart ! Les enfants nous saluent et doivent se demander où commence et finit la route…

A Khorog la capitale du coin on est brusquement dans l’agitation de la ville. Nazarbat et sa famille nous accueillent à merveille au bord de la rivière à des kms du centre ville, grâce à Coushsurfing !

Quelques jours précieux avec les femmes de la famille, dans un confort maximal : lit king size, douche à 3 jets, et les repas traditionnels, thé au lait et pain au petit déjeuner, plov  le midi et soupe le soir !

C’est une joie d’échanger sur leurs envies, leurs choix d’étudier à l’étranger, d’apprendre les langues, elles sont pleines de talents.

Après avoir fait le plein de miel, fruits secs , riz et lentilles on s’embarque sur la M41 en montée douce, tranquillement. La route est asphaltée et on fuse, on croise quelques Mongol Rallye, toutes sortes de voitures partis jusqu’en Mongolie, un road trip entre amis , certains juste pour le délire d’autres dans le défi d’avaler les kms et de traverser les pays à toute blinde !

A l’antipode de notre philosophie de voyage à vélo,  on reconnait plus l’aventure, dans les derniers avec leur AX, de vieilles caisses et même pour l’ultime une 2CV.

Immergé entre des chaines de montagnes et leurs glaciers à plus de 6000 m d’altitude, notre corps s’empresse d’avancer pour affronter l’inconnu, les premiers cols à 4000m.

La vallée est encore habitée, c’est le temps des moissons avant l’hiver et les familles sont aux champs. Il y a encore des arbres qui nous font l’ombre pour la pause du midi. On croise un autre couple de français des Alpes, comme beaucoup, ils nous rassurent grandement, rien d’insurmontable devant nous.

Dans les petits markets on tente de trouver désespérément du pain et des légumes, mais c’est plutôt les hommes du village accoudé à la Vodka qu’on rencontre!

Après cela, le vert disparait, plus d’arbres, juste la roche , le vent, le froid, un village de maison carré en terre crue , on est invité au çai, les hommes sont absent partis travaillés en Russie. Les femmes gèrent la cuisine, les champs, font le pain, et tout ce qui dérive du lait, beurre rance, fromage…

Quelques kms plus loin on trouve des sources d’eaux chaudes, une cabane en bois et un bain bouillant ! Le soir on atteint le dernier village avant un col à 4271m, l’appréhension, les chocs thermiques, l’altitude, me broie la tête ! Un beau cadeau, le lever de lune sur les montagnes !

Le lendemain on trouve le market chez les habitants, snickers, boite de sardines, et pain.

En avant, on s’embarque pour un bon dénivelé, essoufflé, le moindre coup de pédale est un effort intense. Au sommet, une maison fume, deux mômes, un troupeau de chèvres, les premiers êtres vivant dans ce décor lunaire. Affamés, on dévore de tout, du salé, du sucré, bref un bon mélange de ce qu’on trouve dans les sacoches ! Plein, c’est en poussant le vélo que j’atteins le 2e col à 4100m !

Dans la descente,  on fait un crochet par des pistes qui mènent sur un petit village proche de lacs !  On croise des italiens en séjour et on réalise notre parcours 11mois de vélo depuis la France ! Ils nous offrent des échantillons de fromage italien, ça annonce des retrouvailles gustatives !

Chouette spot de nuit, c’est un sanctuaire de grosse bête à cornes, le Marco Polo de son nom. Le corps éprouve beaucoup, ça dépense en énergie cette aventure !

Bulunkul, des yourtes et de petites maisons en terre, dans un milieu désertique, venté, froid, le village est enfumé par la bouse qui sert à alimenter les fours ! C’est une ambiance mystérieuse pour nous, curieux de découvrir comment ils vivent toute l’année ici à 3700m !

GRRR…. pousser le vélo, arriver sur un chemin de gros cailloux et ne pas pouvoir traverser la rivière, repousser le vélo dans la plaine bosselé et aucun pont! Abandonner le caravansérail, les sources d’eaux chaudes pour finalement allez jusqu’au Geyser, introuvable…Bref, la « journée de repos » à pousser le vélo sur 20km, quand on se pose le soleil apparait pour quelques instant avant de se coucher il emporte avec lui les méandres de la journée. Le feu de bouses nous réchauffera, enfumera et concoctera le riz/lentilles !

Le corps s’acclimate bien à 3800 m. Après Alichur où on se réfugie du froid autour d’une soupe, c’est une vallée qui s’étend avec des campements de yourtes et des troupeaux de Yaks ! Les enfants viennent jusqu’à nous, on visite la yourte Kirghize :  poils de yak tressés, laine de moutons feutrée,  bois entrelacé, tissage de tapis, c’est un art que maitrise les femmes !

Nuit avec les marmottes dans l’immense plaine…

Puis on rencontre un couple d’Argentins qui campait non loin de là, ils sont sur les routes à vélo depuis 5 ans. Ils s’accordent tout le temps dans leur mode de vie nomade…

Goûter au bonheur d’être sur la route, portés par le vent, respirer l’instant , contempler la beauté des montagnes , c’est divin !

On atteint Murghab, la dernière ville du Tadjikistan, c’est une étape pour se ravitailler, dans le bazar en containers remplis de toutes sortes de nourriture plus ou moins naturelles et locales. En effet, les camions chinois sillonnent le pays et apportent toutes sortes de produits.

Dans les villes et village c’est une drôle d’atmosphère entre les restes d’engins, bâtiments de l’ex-URSS, recyclés ou abandonnés…

On croise un cyclo suisse Manuel qui revient de Chine en vélo en bambou, extra ! On suit le même parcours chacun dans un sens, plein de vécu, de bons plans à échanger, on reste quelques heures sur le béton de la M41 à papoter puis on continue nos routes en espérant se retrouver dans les montagnes, chez nous !

A 4000m le vent de face nous force à nous arrêter ! On aime peu le braver, du coup sans abris on essaye de se protéger au mieux du soleil qui brule et de l’air qui glace !

Le lendemain on grimpe au point culminant à 4655m, toujours une maison isolé qui fume, un troupeau, des mômes souriant ! Le décor à coupé le souffle, les neiges aux sommets, les couleurs rouges, ocres, des roches et la redescente le long de la rivière ! Dylan montera à pieds au pic à 4900m, faire flotter le drapeau de l’EAG et apprécier la vue à 360° !

On est doublé par les motards et 4X4 qui passent en s’arrêtant à peine, sans réaliser avec leurs sens la majesté de ce qu’ils souillent en roulant dessus !

La route en terre, sable, cailloux est cabossée et la tôle ondulée nous met le dos en bouillie. On se décile d’allez jusqu’au lac Karakul et s’offrir une bonne nuit chez l’habitant. On atteint les 80 kms absorbés par le décor du lac reflétant les glaciers. Dans le Home-Stay on se retrouve entre français. Ferooz le guide traduit à l’habitant avec qui on négocie le prix de la nuit !

Dommage que le tourisme transforme autant les gens, l’ancien magouille pour s’en mettre plein les poches , 15 dollars la nuit et des patates en prime !

Une bonne veillée à échanger avec les vacanciers de Marseille sur la Corée du Nord et avec un couple à la retraite qui vadrouille un peu partout, ils connaissent nos amis Simon et Ombeline et on passé la soirée précédente avec Alix, tous sur la même toile de la vie !

C’est un sacré privilège d’être français !

Le lac de Karakul est le plus haut lac de météorites du monde avec ses 3900 m. Vieux de 25 millions d’années, les sommets à 7000 mètres en arrière plan, dont le Pic Lénin, donnent des vues à couper le souffle ! Face à  ses colosses blancs, une forte pensée s’échappe pour Mr Georges et certains zozos Chambériens qui rêveraient de se peler l’orteil (pour rester poli) sur les crêtes enneigées 😉

Lorsque l’on quitte le lac le vent déferle et démotive surtout en pleine ascension de col, c’est hard pour finir les 40 bornes avant la frontière ! 5 Km/h en côte, et 15 Km/h en descente en appuyant tel un yak…

Au bord de la route on repère un petit coin abrité aménagé par un cyclo. On n’hésite pas, cacahuètes,  jeu de cartes, grosse tambouille et au duvet !

Pour le dernier col on se lève à l’aube avant le vent, encore quelques touristes en 4X4 et un voyageur en moto, une belle ascension à zigzaguer sur la route caillouteuse et on atteint le poste frontière !

On se retourne sur les sommets enneigés, les vestiges de maisons, les montagnes colorés et un grand soupir, c’est fini !

Bulunkul-min Alix et Dylan, hâlte musicale-min chevelure aquatique-min Afghanistan en vue-min accueil coeur ouvert-min 1er col à 4200 m-min gros cailloux-min joie du vent qui souffle-min lac Karakol-min lac salé-min gardiens de chèvres-mincontemplation-min CS Khorog-min dernier col à 4300m on a dompté la bête-min

gros cailloux-min joie du vent qui souffle-min gardiens de chèvres-min lac Karakol-min

lac salé-min Le Suisse en Bamboo-min le temps des moissons-min

L'EAG à 4900 M-min lever de lune-min P1010175-min

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  1. Coucou mes chers copains! Il est beau beau beau cet article! Vous êtes beaux comme tout sur vos vélo! J’ai passé un moment très émouvant a vous lire, pis a me mettre un peu dans votre peaux! Presque un an que vous êtes partis, ca vous fait déja une sacré aventures dans les pattes, ce doit être un bel aboutissement pour vous!

    On pense beaucoup à vous ici, j’ai vu Dada hier, pis on parlé de vous! Même si vous êtes bien loin, vous z’êtes bien ancré quelque part ici dans nos coeur! On continue de vous souhaiter le meilleurs, pi de vous souhaitez tous ce que vous souhaitez! On se rend peut être pas bien compte de ce qu’on peut souhaiter quand on est allé à l’autre bout du monde en poussant sur son biclou!!

    Bisous bisous!

  2. Un an déjà que vous êtes partis. Un an et déjà en chine! Quand je pense a tous ces kilomètre que vous avez parcouru! (en fait je ne sais pas combien vous en avez fait mais je sais que ça dois être au moins l’équivalent de vachement loin). Tous ce temps passez a ce fissuré l’anus sur un siège de moins de 15cm² (il est la a mes yeux le véritable exploit)!

    En tout cas quand on vous lie (très beau récit d’ailleurs) vous avez l’aire de vous faire bien plaisir. Vous m’avez même donnez envie de faire du vélo (c’est tous dire), du coup la prochaine course que je fait en montagne je ferai la route en vélo et je boirai une bonne maître kanter au sommet à votre santés!

    A la bonne votre!

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